Month: March 2010

Une vallée perdue dans le Dorset Occidental

Les petits coins perdus dans le Dorset Occidental, c’est pas ce qui manque. On peut aller par monts et par vaux prendre une petite route et se retrouver au milieu de nulle part. Il y aura peut être une ferme protégée par une colline ou un hameau aux maisons de pierre locale, avec un peu de chance un toit en chaume ou deux.

Entre Beaminster et Bridport, il y en a plein des petits détours de chemin comme ça. Ce weekend, j’ai redécouvert un hameau au nom de Loscombe. Sachant que ‘combe’ veut dire petite vallée et que ‘lost’ signifie perdu, on est pas vraiment étonné de se retrouver au milieu de nulle part, entouré de collines. Tous les ans mes amis Loscombois (les Anglais ne sont pas aussi friands que nous de donner des noms aux habitants de toutes les communes donc j’invente) invitent les copains, leurs enfants et leurs chiens à une grande balade pour annoncer le printemps.

Nous voilà partis, les enfants pressés courent avec les chiens devant et les parents bavardent tout en regardant la campagne environnante. On s’arrête pour écouter le ruisseau qui gargouille et arrose les perce neiges, un peu tardifs cette année. Il fait d’ailleurs encore froid mais le soleil est de la partie en ce début de Mars et la journée est magnifique. Le long du cours d’eau sous les arbres, on peut sentir l’ail sauvage qui sort à peine de terre mais ne passe pas inaperçu.

Après les vaux viennent les monts, et nous attaquons une colline. Petites dans la famille des monts, les collines du coin sont assez raide dans la catégorie balades. Les enfants se régalent de rouler du haut en bas et les parents récupèrent leur souffle en admirant le paysage. Les couleurs d’hiver ne sont pas vert, vert et vert comme on imagine toujours Angleterre.

Devant nous, les collines semblent s’encastrer les unes dans les autres, laissant deviner les petites vallées cachées. Les arbres n’ont pas encore de bourgeons et les fines branches semblent avoir esquissé des croquis d’ombre sur le sol ensoleillé. Seuls les aulnes ont leurs fleurs d’hiver jaunes comme de minuscules lave bouteilles. Des buissons endormis parsèment les flancs des collines et donnent un peu de couleurs brunes au paysage.

Le calme complet des vallons du Dorset est un peu envahi aujourd’hui par tous ces enfants et leurs chiens en laisse et les parents qui causent. De retour dans la cour du cottage, une excellente soupe chaude, du bon pain frais, un plateau de fromages du coin et quelques bouteilles de bière et de vin nous attendent. Nous nous installons sur les chaises et les bottes de paille pour reprendre notre souffle et savourons ce soleil d’hiver qui réchauffe si bien.

Finalement notre petite vallée voisine n’est pas perdue pour tout le monde. Une journée de plaisir pur et simple. Difficile à battre.

Sparkles and muddy boots

Every year, friends of mine organise a Spring walk and I always look forward to the big get together of friends, their children and their dogs. We all stroll down vales and combes around their hamlet near Bridport and climb the steep hills with a spring in our step (or panting noises for some of us).

As we drive past the road sign to our destination this year, I smile: Loscombe. What a good name. We’re in West Dorset for a start so that means no motorway, we drive off the narrow main road into a smaller road and then down a single lane where I’d rather not meet anybody; don’t like driving in reverse. Which we had to do. So a lost combe or forgotten valley it is.

Shortly after we arrive, the kids shoot off with their dogs on leads. Which of the two are more excited I couldn’t tell. We follow the path along a gurgling stream; such a calming sound although today, it is slightly overtaken by voices of friends catching up with their news. Snowdrops are in bloom, wild garlic is only just coming out hitting us with its pungent smell all the same.

The steep climbs are rewarded by these wonderful views of perfect roundness typical of West Dorset. A feeling half way between being on top of the world and being surrounded by a gentle and protective countryside. Nature at its best on a cold winter day. A farm here, a thatched cottage there, catkins like hundreds of tiny yellow bottle cleaners against the blue sky give it a feel of watercolour.

This year we are blessed with sunshine. Strictly speaking, we are still in Winter despite our friends luring us with talks of Spring. It may be the lovely lunch that entices us all, a delicious warm soup, bread and local cheeses, a few bottles of wine. We all sit on garden chairs and bales of straw in the courtyard. Ah the simple pleasures, so hard to beat when the weather is on our side.

Although my friends live in the middle of nowhere they are very much in touch with the outside world. Proof? 2010 = cupcakes. Home baked and hand decorated, two huge trays came out “Eat me, I am sugar heaven and colour guilt”. Mine even had sparkles on it. And utterly delicious it was too.

Oh yes, we do know how to have a good time down here. Sparkles and muddy boots, great combination.

Bull Hotel, relax… you’re in Bridport

As you drive into town, you can’t miss the dark blue 17th century Inn with a gold Bull overlooking the pavement. A Bridport artist gilded that Bull, old fashioned way; she works on the St Michael trading estate. I like that about the place. The meat comes from the butcher next door, the apple juice at breakfast is from a farm down the road, the amazing beds from a company whose impressive showroom is just outside Bridport.

I’ve been a few times for cheap and cheerful lunches (they have a ‘crunch lunch’ for a fiver which is great value for money) and once for a friend’s 40th which was a great laugh. I was curious to know what an overnight stay would be like and thought a night without the kids would be a great idea…

And it was. The bed was wonderfully comfortable (although ours did creak a bit but hey) egyptian linen and all, the Neal’s Yard bottles were bathroom size (no nasty plastic throwaway stuff) and we loved the mixture of old and new. Philip Starck lighting worked well with a french inspired Toile de Jouy wallpaper and plain chocolate walls with a silver tinge. Taste is very personal and if you like twee, you might want to find somewhere else. If you like bold statements and smile at quirkiness this should be down your road.

Supper? Well, we liked. Went for a sharing evening all the way with a Côte de boeuf and a cheese platter. The meat was tender in the middle yet crusty and black on the outside, sliced onto a wooden tray laden with hand cut chips, crispy yet not fatty, oversized sweet and crunchy onion rings, a large mushroom and some rocket salad. There was also a tomato each. I don’t understand tasteless tomatoes in winter (southern french pompous palate probably) so I gave mine a miss. It went back with the herbed butter which was unnecessary. The meat was succulent and did not need any addition. It did not need any more salt either, if you’re one of these add salt before tasting, beware.

The cheese platter was a good selection of local fare, from the famous Blue Vinney (which I love) to the Dorset Red (delicious if you like smokey) via a Somerset Brie and of course a farmhouse Cheddar. The husband liked the chutney which tasted too much like curry for my liking. He also loved the pudding of raspberry soufflé which was a bit too sugary for me but then I’m more of a savoury kinda girl.

There’s been a fair few reviews on Bridport’s Bull Hotel since they opened. They appeal to the growing number of people who have moved back into the area after a London stint or time elsewhere, as well as visitors who want comfort and a certain amount of luxury in a relaxed, modern atmosphere. Think affordable Babington House and you won’t be far wrong.


The Bull: hotel branché à Bridport, Dorset Occidental

Pour une soirée en amoureux, mon mari et moi avons décidé de se faire un petit plaisir et de passer la nuit à l’hôtel branché du coin et de dîner sur place. L’auberge The Bull date du 17eme siècle mais n’a rien de vieillot, au contraire. L’atmosphère y est sympa et un certain luxe simple flotte dans les chambres après un couloir un peu austère.

Avec son taureau doré sur fond d’auberge bleu foncé, on ne peut pas rater The Bull quand on arrive à Bridport.Nous connaissons bien car on y a déjà mangé plusieurs fois, petits repas ‘crédit crunch’ (anti récession) le midi à £5 ou pizza bon rapport qualité prix et cidre au Stables (étables derrière l’auberge transformée en pizzeria).

Notre chambre (la 207) était un mélange bien Anglais de meubles anciens et modernes, de papiers peints genre toile de Jouy et de murs chocolats virant au gris. Un grand lit en métal super confortable (bien qu’un petit peu grinçant!) d’un coté, un divan et une chaise en cuir de l’autre, notre chambre était assez spacieuse sans être immense. Les éclairages de Philippe Starck mariés aux meubles de bois foncé donnaient une atmosphère cool qui nous a bien plu. Les proprios ont un penchant pour les antiquités françaises, et on retrouve cette influence française dont nos amis British sont friands.

Des produits Neal’s Yard (excellents produits bio Anglais aux huiles essentielles) étaient à disposition dans la salle de bains. Pas de petites bouteilles en plastique pour la poubelle mais cette confiance que j’ai rarement trouvé en France, que les clients ne vont pas partir avec les bouteilles en verre taille salle de bains maison. Bon bain moussant bien chaud avant de descendre au resto.

On a décidé de faire un menu partage et avons choisi une côte de boeuf suivie d’un plateau de fromage pour deux. On a arrosé tout ça d’un Lalande de Pomerol et on s’est régalés! La côte de boeuf était saignante mais croustillante sur l’extérieur, les grosses frites maison n’étaient pas trop grasses mais dorées, les rondelles d’oignons panées étaient géantes mais très douces. La tomate par contre était une perte de temps. Probablement que la Varoise que je suis toujours a les papilles gâtées par le soleil et ne peut apprécier une tomate pâlichonne en plein hiver.

Pour le fromage, il ne faut pas s’attendre à un plateau genre chariot fourni ou on choisit un peu de tout. On vous donne une bonne portion de ce qu’il y a dans le coin sur votre plateau, pas de choix. Un bleu du Dorset ‘Blue Vinney’, un Brie du Somerset, un Cheddar de ferme et un Dorset Red (fumé). Et comme j’ai expliqué dans mon billet précédent (‘on le mange comment le fromage anglais’), des biscuits salés. Il y avait même une chutney (ou confiture salée) pour accompagner mais qui avait beaucoup trop le gout de curry a mon gout. Mon mari anglais a aimé. Chacun son truc.

L’un dans l’autre, notre soirée a été bien agréable, le personnel était sympa et attentif et à £150 la nuit petit déjeuner anglais compris, il est difficile de faire mieux dans le coin si on veut se faire un petit plaisir et passer une soirée un tout petit peu décadente. Ou plusieurs.