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The Bull: hotel branché à Bridport, Dorset Occidental

Pour une soirée en amoureux, mon mari et moi avons décidé de se faire un petit plaisir et de passer la nuit à l’hôtel branché du coin et de dîner sur place. L’auberge The Bull date du 17eme siècle mais n’a rien de vieillot, au contraire. L’atmosphère y est sympa et un certain luxe simple flotte dans les chambres après un couloir un peu austère.

Avec son taureau doré sur fond d’auberge bleu foncé, on ne peut pas rater The Bull quand on arrive à Bridport.Nous connaissons bien car on y a déjà mangé plusieurs fois, petits repas ‘crédit crunch’ (anti récession) le midi à £5 ou pizza bon rapport qualité prix et cidre au Stables (étables derrière l’auberge transformée en pizzeria).

Notre chambre (la 207) était un mélange bien Anglais de meubles anciens et modernes, de papiers peints genre toile de Jouy et de murs chocolats virant au gris. Un grand lit en métal super confortable (bien qu’un petit peu grinçant!) d’un coté, un divan et une chaise en cuir de l’autre, notre chambre était assez spacieuse sans être immense. Les éclairages de Philippe Starck mariés aux meubles de bois foncé donnaient une atmosphère cool qui nous a bien plu. Les proprios ont un penchant pour les antiquités françaises, et on retrouve cette influence française dont nos amis British sont friands.

Des produits Neal’s Yard (excellents produits bio Anglais aux huiles essentielles) étaient à disposition dans la salle de bains. Pas de petites bouteilles en plastique pour la poubelle mais cette confiance que j’ai rarement trouvé en France, que les clients ne vont pas partir avec les bouteilles en verre taille salle de bains maison. Bon bain moussant bien chaud avant de descendre au resto.

On a décidé de faire un menu partage et avons choisi une côte de boeuf suivie d’un plateau de fromage pour deux. On a arrosé tout ça d’un Lalande de Pomerol et on s’est régalés! La côte de boeuf était saignante mais croustillante sur l’extérieur, les grosses frites maison n’étaient pas trop grasses mais dorées, les rondelles d’oignons panées étaient géantes mais très douces. La tomate par contre était une perte de temps. Probablement que la Varoise que je suis toujours a les papilles gâtées par le soleil et ne peut apprécier une tomate pâlichonne en plein hiver.

Pour le fromage, il ne faut pas s’attendre à un plateau genre chariot fourni ou on choisit un peu de tout. On vous donne une bonne portion de ce qu’il y a dans le coin sur votre plateau, pas de choix. Un bleu du Dorset ‘Blue Vinney’, un Brie du Somerset, un Cheddar de ferme et un Dorset Red (fumé). Et comme j’ai expliqué dans mon billet précédent (‘on le mange comment le fromage anglais’), des biscuits salés. Il y avait même une chutney (ou confiture salée) pour accompagner mais qui avait beaucoup trop le gout de curry a mon gout. Mon mari anglais a aimé. Chacun son truc.

L’un dans l’autre, notre soirée a été bien agréable, le personnel était sympa et attentif et à £150 la nuit petit déjeuner anglais compris, il est difficile de faire mieux dans le coin si on veut se faire un petit plaisir et passer une soirée un tout petit peu décadente. Ou plusieurs.

Pourquoi venir dans le West Dorset?

Portsmouth, Weymouth et Plymouth vous connaissez de nom, ce sont les ports de ferry pour les Français. Pour les Anglais et leurs vacances c’est le Devon, les Cournouailles et le Dorset de l’Est. Ben nous, on est au milieu. On a pas d’autoroutes et le ferry le plus proche est à Poole. Une petite heure en voiture pour arriver à Bridport. Et là c’est réellement le dépaysement.

D’abord il y a la Côte Jurassique qui est classée à l’Unesco (d’Intérêt Naturel Mondial, donc à préserver) pour sa diversité et sa beauté. Les falaises passent du gris au rouge (Charmouth ou Burton Bradstock), les plages sont de galets ou de sable fin, celle de Chesil est à perte de vue. Les petits ports de pêche approvisionnent la région en poisson frais (Lyme Regis ou West Bay).

Mais le West Dorset c’est aussi le vert des vistas du haut de ses collines. Tel un patchwork de verdure rappelant les bocages normands avec la mer en contrefont, les vues qui récompensent les marcheurs sont paisibles et sereines. Les sentiers balisés sont nombreux mais jamais bondés, juste quelques ‘hello’ de temps en temps.

Si la France est la championne des produits du terroir, le West Dorset n’a pas grand chose à lui envier. Oubliez cette image ancrée de la viande bouillie et insipide. La région a un amour de produits frais du coin qui attire les chefs et gourmets depuis longtemps grâce a un climat plus doux que le reste de l’île. Les restaurants ne sont pas classés chez Michelin et les nappes blanches sont rares. Mais les poissons sont frais et servis sans cérémonie, la viande -du chevreuil à l’agneau- est succulente et vient du boucher voisin, on privilégie les légumes de saison. Les restaurants ne comptent pas sur des touristes qui ne reviendront pas pour gagner leur croute.

Bien sur, la tradition du thé n’est pas perdue et les villages ne manquent pas d’offrir leurs petits salons où les grand-mères se tiennent au courant des affaires des voisins. Le soir, les hommes se retrouvent au pub pour la même raison et pour discuter rugby ou foot.

Et puis il y a les villes où il fait bon vivre comme Sherborne, Beaminster, Bridport ou Dorchester. Ce qui fait le charme du Dorset Occidental c’est que le département ne fait ni publicité ni relations publiques pour attirer les touristes. Mais la télé anglaise semble faire de plus en plus de programmes par ici. J’espère qu’ils vont pas nous gâcher le paysage. Faudrait pas qu’on devienne la nouvelle mode.