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Confiture avec de l’agneau: Chef Richard Guest ou la cuisine anglaise

C’est sur que ‘Jam with Lamb’ ça rime et ça sonne bien. Quand on le traduit, tout à coup on décrit ce que les Français imaginent de la bouffe anglaise: de la viande avec de la confiture. C’est aussi le titre fort à propos d’un livre de cuisine du chef Richard Guest qui célèbre les produits du Sud-Ouest de l’Angleterre suivant les saisons à travers des recettes traditionnelles anglaises et quelques classiques français.

Avec une étoile Michelin qui le suit dans trois restaurants depuis 18 ans, il n’y a aucun doute que Richard Guest est l’un des meilleurs chefs Anglais. C’est aussi un ami à moi, mais on sait que Michelin ne donne pas ses étoiles à qui mieux veut donc si je chante ses louanges, ce n’est pas parce que c’est un ami.

Richard vient d’ouvrir un bistrot dans le Sud-Ouest de l’Angleterre, à Taunton: Augustus. Au Sud de Bristol et au nord d’Exeter, ce n’est pas un endroit à priori évident pour ouvrir un restaurant. Taunton n’est pas une ville particulièrement touristique même si le Sud-Ouest est une destination de vacances bien prisée en Angleterre. Mais Richard a de bonnes raisons de rester où il connait.

La carrière de Guest

Guest a tout d’abord été inspiré par le chef Marco Pierre White. Imaginez un mec aux cheveux longs, cigarette au bec, avec un caractère de cochon (White, pas Guest, il ne fume pas et a les cheveux courts!). A 33 ans White devenait le premier chef anglais et le plus jeune chef à obtenir trois étoiles Michelin.

Le jeune Guest, qui comme White est un type du Nord, -et croyez moi il y a une frontière en Angleterre entre le Nord et le Sud, avait trouvé en White l’inspiration qui le fit partir à Londres, le seul endroit où on pouvait vraiment faire ses marques dans les années 80, Sud ou pas. C’est là que Richard a travaillé avec Jean-Christophe Novelli qui lui appris -entre autres- l’art de goûter et lui a permis de s’exprimer dans sa cuisine. Novelli avait raison de lui faire confiance puisque c’est là que Richard a obtenu sa première étoile Michelin.

 Du Nord au Sud-Ouest en passant par Londres

Mais le chef du Nord a rencontré une belle blonde du Sud-Ouest chez Novelli et en 1999, Richard se retrouvait au Castle Hotel à Taunton, à la tête de son restaurant déjà réputé. Ce qui a plu à chef Guest après toutes ces années à parfaire une cuisine ‘française’ c’est que le patron, Kit Chapman, voulait la même perfection mais avec une cuisine anglaise et les clients ne s’attendaient pas à moins.

De ‘Jam with Lamb’ à Augustus

Ce qui explique comment on se retrouve avec un bouquin de cuisine intitulé ‘Jam with Lamb’. Anglais et fier de l’être, Richard Guest compte sur ses producteurs et leurs excellents produits qu’il transforme en des petits moments de plaisir. Qu’il cuisine pour un patron français, anglais ou comme dans son nouveau restaurant Augustus pour lui même, je n’ai jamais été déçue par la cuisine de Richard. L’assaisonnement est toujours parfait, chose rare, les produits sont locaux, de saison et frais, la présentation superbe et le résultat un vrai plaisir.

Le Sud-Ouest étant une région plus ensoleillée que le reste de la Grande-Bretagne, les fermiers et maraichers nous vendent des produits souvent meilleurs que ce que l’on peut trouver en France, si on sait les trouver. De plus en plus, il ne s’agit plus de copier la France mais de retrouver les races de mouton ou les pommiers qui appartenaient à la campagne environnante et ont disparu grâce à la révolution industrielle, les exigences des supermarchés et les changements d’habitudes des consommateurs.

Depuis quelques années, les Anglais se réveillent de leur longue torpeur. Comme Richard Guest ou le célèbre Heston Blumenthal (qui a d’ailleurs travaillé avec Marco-Pierre White et a maintenant trois étoiles Michelin) les Anglais redécouvrent leurs racines culinaires et même si les meilleurs chefs ont tous plus ou moins fait un ‘stage’ chez des chefs français (ou à influences françaises), ils louent enfin leur propre cuisine, à juste titre.

Célébration de la cuisine Anglaise

Donc ‘Jam with Lamb’ c’est une célébration de la cuisine anglaise. Et oui, ils mangent de la confiture avec de la viande. C’est vrai que dans le Sud-Ouest nous avons une abondance de fruits en été. Les pommes, les groseilles, les fruits du rosiers sont autant de produits qui ne peuvent se garder durant l’hiver que transformés; cidre bien sur, mais également confitures ou gelées. Les Anglais sont forts pour ce genre de ‘conserves’, après tout on a adopté leur marmelade.

Et pas de grimace si vous n’avez pas essayé. Il faut goûter un morceaux d’agneau juste à point avec une bonne gelée de groseilles faite maison. Pas la gelée du supermarché rouge comme de la betterave que je mélangeais enfant avec des carrés Gervais. J’aimais bien quand j’étais gosse mais une gelée maison n’a rien à voir avec. Mais bon, ce n’est pas tout sucré-salé. Par contre à Augustus, c’est tout bon.

Richard Guest et son partenaire maitre d’hôtel Cédric Chirrosel ont ouvert leur restaurant donnant sur une petite cour intérieure au coeur de Taunton avec une terrasse pour les beaux jours (et il y en plus qu’on croit!). Au contraire de ce dont ils avaient l’habitude au restaurant huppé du Castle Hotel où ils travaillaient ensemble, Augustus est simple d’apparence. Confortable et sympa on n’y trouvera pas de nappe blanche, de verres en cristal ou des clients qui chuchotent. C’est avant tout un bistrot dans l’âme, comme le voulait Guest, mais son art de faire, il ne l’a pas laissés sur le pas de la porte. Vous ne le trouverez pas encore dans le guide Michelin, mais croyez moi, Augustus est un restaurant ‘à suivre’.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous allez vers Taunton.

www.augustustaunton.co.uk

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A pinch of art and a large dose of love

“Cuisine is a few grams of passion, a spoonful of technique, a pinch of art and a large dose of love”

When chef Eric Bendel wrote this, he clearly meant it. His restaurant is in the middle of nowhere, well actually right bang in the middle of France in Bruères-Allichamp. We were driving South and found that all the hotels in Bourges were full. A short drive on an empty route départementale and we were grateful to find a small hotel along the Cher river. Les Tilleuls isn’t the prettiest of hotels, rather a long 60’s wooden affair.

No credit card or passport were asked, what a delight and oh so rare these days. Our rooms were clean and comfortable although sound proofing is probably not high on the list. The big surprise came when we sat down for dinner. The menu is a short list of about nine items that change fortnightly and you choose how many you want. Children just get smaller portions, no fish and chips to be found anywhere.

When I read Eric’s poem I figured we should be in for a treat. When I read the menu, it was definitely an artist talking. Proof was definitely not just in the pudding. It started with not one ‘mise en bouche’ but two: three verrines each of cress, celery and cucumber gazpachos followed by crayfish with a courgette soup topped with herring caviar, all beautifully presented.

It’s one of those menus some people find pompous. Verrines are pretty little glasses filled with soups or layered puddings. Gaspacho is after all a cold soup. Yes it’s nouvelle cuisine if that means a pleasure for the eye and yes there were foamy additions to perfectly balanced plates. Last time I had a meal that made me feel like a child again was when I ate at Les Ambassadeurs, the Crillon’s restaurant in Paris. Proper posh with a stool for my handbag. Jean-François Piège was in the kitchen, I was scribbling notes for a magazine. This time, I was with my family, paying my way. Seeing my children get all excited by beautifully presented plates and happily discover new tastes was a joy.

Laure has done a great job decorating the restaurant, husband Eric clearly cares passionately about his work, attention to detail is faultless; although I must admit there were only two tables that night, being mid-week and off holiday. At around £60 per person for four properly crafted courses including nice wine, aperitifs and digestifs, we got an evening that we will remember for a long time. The joy of the unexpected, the subtlety of tastes, the fun of new discoveries; the love did show.

Some call it professionalism. That’s not enough. The passion has to be translated to provide a memorable experience.

I can still taste the mini pistachio rice pudding with strawberry cream and poppy mousse.

Thank you Bourges for being full that day.

Hotel restaurant Les Tilleuls

Bull Hotel, relax… you’re in Bridport

As you drive into town, you can’t miss the dark blue 17th century Inn with a gold Bull overlooking the pavement. A Bridport artist gilded that Bull, old fashioned way; she works on the St Michael trading estate. I like that about the place. The meat comes from the butcher next door, the apple juice at breakfast is from a farm down the road, the amazing beds from a company whose impressive showroom is just outside Bridport.

I’ve been a few times for cheap and cheerful lunches (they have a ‘crunch lunch’ for a fiver which is great value for money) and once for a friend’s 40th which was a great laugh. I was curious to know what an overnight stay would be like and thought a night without the kids would be a great idea…

And it was. The bed was wonderfully comfortable (although ours did creak a bit but hey) egyptian linen and all, the Neal’s Yard bottles were bathroom size (no nasty plastic throwaway stuff) and we loved the mixture of old and new. Philip Starck lighting worked well with a french inspired Toile de Jouy wallpaper and plain chocolate walls with a silver tinge. Taste is very personal and if you like twee, you might want to find somewhere else. If you like bold statements and smile at quirkiness this should be down your road.

Supper? Well, we liked. Went for a sharing evening all the way with a Côte de boeuf and a cheese platter. The meat was tender in the middle yet crusty and black on the outside, sliced onto a wooden tray laden with hand cut chips, crispy yet not fatty, oversized sweet and crunchy onion rings, a large mushroom and some rocket salad. There was also a tomato each. I don’t understand tasteless tomatoes in winter (southern french pompous palate probably) so I gave mine a miss. It went back with the herbed butter which was unnecessary. The meat was succulent and did not need any addition. It did not need any more salt either, if you’re one of these add salt before tasting, beware.

The cheese platter was a good selection of local fare, from the famous Blue Vinney (which I love) to the Dorset Red (delicious if you like smokey) via a Somerset Brie and of course a farmhouse Cheddar. The husband liked the chutney which tasted too much like curry for my liking. He also loved the pudding of raspberry soufflé which was a bit too sugary for me but then I’m more of a savoury kinda girl.

There’s been a fair few reviews on Bridport’s Bull Hotel since they opened. They appeal to the growing number of people who have moved back into the area after a London stint or time elsewhere, as well as visitors who want comfort and a certain amount of luxury in a relaxed, modern atmosphere. Think affordable Babington House and you won’t be far wrong.


The Bull: hotel branché à Bridport, Dorset Occidental

Pour une soirée en amoureux, mon mari et moi avons décidé de se faire un petit plaisir et de passer la nuit à l’hôtel branché du coin et de dîner sur place. L’auberge The Bull date du 17eme siècle mais n’a rien de vieillot, au contraire. L’atmosphère y est sympa et un certain luxe simple flotte dans les chambres après un couloir un peu austère.

Avec son taureau doré sur fond d’auberge bleu foncé, on ne peut pas rater The Bull quand on arrive à Bridport.Nous connaissons bien car on y a déjà mangé plusieurs fois, petits repas ‘crédit crunch’ (anti récession) le midi à £5 ou pizza bon rapport qualité prix et cidre au Stables (étables derrière l’auberge transformée en pizzeria).

Notre chambre (la 207) était un mélange bien Anglais de meubles anciens et modernes, de papiers peints genre toile de Jouy et de murs chocolats virant au gris. Un grand lit en métal super confortable (bien qu’un petit peu grinçant!) d’un coté, un divan et une chaise en cuir de l’autre, notre chambre était assez spacieuse sans être immense. Les éclairages de Philippe Starck mariés aux meubles de bois foncé donnaient une atmosphère cool qui nous a bien plu. Les proprios ont un penchant pour les antiquités françaises, et on retrouve cette influence française dont nos amis British sont friands.

Des produits Neal’s Yard (excellents produits bio Anglais aux huiles essentielles) étaient à disposition dans la salle de bains. Pas de petites bouteilles en plastique pour la poubelle mais cette confiance que j’ai rarement trouvé en France, que les clients ne vont pas partir avec les bouteilles en verre taille salle de bains maison. Bon bain moussant bien chaud avant de descendre au resto.

On a décidé de faire un menu partage et avons choisi une côte de boeuf suivie d’un plateau de fromage pour deux. On a arrosé tout ça d’un Lalande de Pomerol et on s’est régalés! La côte de boeuf était saignante mais croustillante sur l’extérieur, les grosses frites maison n’étaient pas trop grasses mais dorées, les rondelles d’oignons panées étaient géantes mais très douces. La tomate par contre était une perte de temps. Probablement que la Varoise que je suis toujours a les papilles gâtées par le soleil et ne peut apprécier une tomate pâlichonne en plein hiver.

Pour le fromage, il ne faut pas s’attendre à un plateau genre chariot fourni ou on choisit un peu de tout. On vous donne une bonne portion de ce qu’il y a dans le coin sur votre plateau, pas de choix. Un bleu du Dorset ‘Blue Vinney’, un Brie du Somerset, un Cheddar de ferme et un Dorset Red (fumé). Et comme j’ai expliqué dans mon billet précédent (‘on le mange comment le fromage anglais’), des biscuits salés. Il y avait même une chutney (ou confiture salée) pour accompagner mais qui avait beaucoup trop le gout de curry a mon gout. Mon mari anglais a aimé. Chacun son truc.

L’un dans l’autre, notre soirée a été bien agréable, le personnel était sympa et attentif et à £150 la nuit petit déjeuner anglais compris, il est difficile de faire mieux dans le coin si on veut se faire un petit plaisir et passer une soirée un tout petit peu décadente. Ou plusieurs.

Gastronomie anglaise: on mange bien chez les Rosbifs

L’ Angleterre culinaire en 2010? Elle n’a rien à envier à personne. Qui aurait pu croire que les Anglais feraient une révolution, et culinaire en plus. Quand je suis arrivée à Londres il y a vingt ans par contre, si les pubs ne manquaient pas ils n’avaient rien des gastropub actuels. Gastro comme gastronomie. Anglaise.

Je vous sens douter. Je comprends. Une mauvaise image est très difficile à secouer. Les Rosbifs pensent que les froggies sont des trouillards. Je vous raconterai une autre fois. Revenons à nos moutons et autres mets en fin de vingtième siècle. Les rois du hamburger étaient déjà bien établis et comme la plupart des parents citadins, je me suis laissée convaincre par le prix et le petit jouet.

Comme beaucoup d’entre nous, j’achetais tout au supermarché. En bonne varoise, mes recettes avaient des tomates et des aubergines. On en trouvait toute l’année, ce qui me ravissait même si les fenouils étaient plus chers au poids que l’or.

J’étais pourtant dans une prison culinaire sans goût, aveuglée par la frénésie de la vie citadine. Jusqu’à ce les chefs anglais remarquent qu’il fallait faire la guerre aux destructeurs de saveur pour libérer ces pauvres gens de leur triste impasse… Si vous avez la chaine cuisine sur satellite, vous connaitrez Keith Floyd (le chef au verre de vin) qui a ébranlé la façon de présenter les émissions de cuisine en Grande-Bretagne dans les années 80. Sur le tas, sur le vif, jovialité et des litres de pinard.

Celui qui a réveillé mes papilles c’est Jamie Oliver. Vous avez peut être un de ses livres de cuisine puisqu’il est devenu un des chefs les plus vendus au monde. Avec ses recettes simples il a commencé une révolution accompagné d’autres chefs tel que Hugh Fearnley-Whittingstall qui a remis les produits du terroir (parfois obscurs) à la mode.

Voici donc l’univers culinaire aujourd’hui chez nos cousins les Rosbifs. Ici dans le Sud-Ouest par exemple, sur le menu du resto de ma ville (Wild Garlic) on trouve du lapin confit ou du chevreuil. Ce ne sont pas les étoiles Michelin qui intéressent (il y en a des restos étoilés bien sur, l’excellent Sienna à Dorchester par exemple). Cette nation voyageuse a su marier les inspirations internationales dans une cuisine à l’origine simple mais pleine de goût, malheureusement oubliée. Révolution industrielle, exode rural et un complexe d’infériorité culinaire difficile à perdre sont passés par là.

Les notions de provenance, de saison, frais et local ont repris la vedette et avec, l’amour de la bonne bouffe. Comme en France et ailleurs, il arrive encore d’être déçu. Mais pour la plupart, finies les courgettes bouillies à mort. Allons enfants de la révolution culinaire, le jour du goût est arrivé.


Super rapport qualité-prix dans le Dorset

Repas de midi pour deux £6. Oui, £6 soit 3 + 3.

Le midi, comme je suis devenue Anglaise, je me contente souvent d’un sandwich mais quand mon mari m’a dit qu’il avait découvert un petit hôtel resto près de la plage qui font un repas de midi pour 6 livres par couple, bien sur il a fallu aller goûter. J’imaginais déjà des légumes surcuit et de la purée au micro-ondes. Ben j’avais tord.

Le Manor Hotel à West Bexington est un hôtel agréable, en pierres locales, avec une véranda et un bar à vins en sous sol. A quelques pas de la plage de Chesil sur la Côte Jurassique du Dorset, c’est le genre d’endroit où il fait bon passer un weekend tranquille.

Nous avons commandé un ‘hachis Parmentier’ (avec de la viande d’agneau) et une tourte de poissons (avec des pommes de terre). Simple, bien cuit, sans léser sur le poisson, chaud à point avec des légumes frais et croquants. Portions juste assez pour ne pas partir avec la faim sans se goinfrer (souvent un problème en Angleterre). Etonnant. Cote rapport qualité prix, franchement difficile de faire mieux.

Ils ont également un menu ‘buffet’ ou l’on peut manger tant qu’on veut pour £8.50 certains soirs (il faut réserver). Ça me fait toujours un peu peur ce genre de proposition mais leur bouillabaisse de poissons du coin me tente et mon mari voudrait goûter à leur calmar cuisiné avec du piment, gingembre et ail. Il va falloir retourner. Leurs voisins, les Michaud, sont d’ailleurs très connus dans le monde du piment car ils cultivent un des piments les plus forts du monde le Dorset Naga. N’ayez crainte, ce n’est pas celui qui accompagne le calmar.

J’avoue que nous étions les seuls dans le resto aujourd’hui, mais bon c’est l’hiver, milieu de semaine et il pleuviotait. Pour autant l’atmosphère était sympa, la cheminée nous a réchauffés. Le seul truc que j’ai pas compris c’est pourquoi ils ont pas attendu pour allumer leur lave-vaisselle qui faisait un boucan pas possible. Mais bon.

En bon Anglais, mon mari a culpabilisé et s’est vu obliger d’acheter 2 boissons plutôt qu’une et même un paquet de cacahuètes en apéritif. Coût total: £12.

Je crois que West Bexington viennent d’acquérir des nouveaux visiteurs pour le midi…

Gourmets, artistes et éco-guerriers adorent Bridport, West Dorset

traduction de mon article sur Bridport a simonseeks.com:

http://www.simonseeks.com/travel-guides/bridport-river-cottage-riverside-dorsets-coast__164376

Bridport est devenu connu en Angleterre grâce au chef Hugh Fearley-Whittinstall (et son programme télé River Cottage). Provenance et produit du terroir sont des mots qui chantent dans sa bouche et font rêver les gourmets britanniques qui se réveillent d’une longue hibernation culinaire.

Qui aime bien manger aimera le West Dorset

Je ne vous dirai pas qu’il faut aussi beau dans le West Dorset que sur la Côte d’Azur mais si temps Anglais il y a, la région est une des plus clémentes. Donc, les produits du terroir sont superbes et les locaux n’ont pas attendu nos chefs ‘people’ pour cuisiner avec. Prenez le restaurant Riverside à West Bay, le port de Bridport. Imaginez un chalet en bois planté au milieu d’un port sans prétention sur la rive du petit fleuve Brit. Difficile de trouver un meilleur poisson. On ne peut plus frais, direct de la baie de Lyme. Si le restaurant attire les gens du coin depuis 45 ans sans faille, il doit bien y avoir une bonne raison.

A quelques kilomètres se trouve un autre restaurant sans prétention -sinon de vous servir un poisson excellent ou des crèmes glacées bien crémeuses. Sur la plage de Burton Bradstock, le Hive Beach Café et son auvent vert ne paye pas de mine. Ne vous fiez pas aux apparences, les patrons sont très engagés sur le nouvel engouement anglais pour les produits du terroirs viables. De leur ‘Fish and chips’ poisson du jour à leurs sandwichs, tous les budgets trouvent leur bonheur. Quant à la plage avec ses falaises rouges, elle a une vue superbe vers la presqu’île de Portland (où seront les Jeux Olympiques de voile en 2012).

La Côte Jurassique

Bien que la France ait le pendant avec la côte aux dinosaures vers Villers sur Mer, la côte du Dorset est listée par l’Unesco comme Héritage Naturel Mondial. Tout comme le Grand Canyon ou le Golfe de Porto, la côte est reconnue d’intérêt mondial et doit être préservée pour les générations futures. Tout comme en Normandie, les chercheurs d’os de dinosaures et autres vestiges préhistoriques ont de quoi faire, bien qu’il soit bien sur interdit d’attaquer les falaises au risque de se retrouver avec un trou dans la tête…

Où d’autre peut on manger à Bridport?

Bridport ce n’est pas que la plage, au contraire. La ville est un mix intéressant d’artistes dans des vieilles usines à corde (St Michael’s Trading Estate), de classes sociales mélangées se retrouvant sur le marché hebdomadaire, de magasins un peu vieillots et un bon choix d’endroits où on peut manger à prix raisonnable. Bref, un endroit où il fait bon vivre et passer un moment. Pour ma tasse de thé -OK, café – avec une copine, j’aime bien le Beach and Barnicott. Pour des pizzas et une atmosphère sympa -grandes tables où on peut parler aux voisins- le Stables Bar -derrière l’Hôtel Bull dans la rue principale est super pour les petits budgets et les amateurs de cidre. Pour un défi exotique tout en restant régional, le restaurant Taj Mahal propose un curry avec un piment qui est si fort que l’échelle de Scoville (qui mesure la capsaïcine) ne peut le mesurer. Le piment Naga du Dorset est en fait cultivé à West Bexington, près de la plage de Chesil à quelques kilomètres à peine. Sinon, on peut tenter un curry de lapin, chose extrêmement rare chez les Anglais -et les Indiens qui proposent leur cuisine aux Anglais.

Où dormir?

Pour dormir, ce n’est pas le choix qui manque. Pour un hôtel plutôt classique avec des chambres confortables, je peux recommander le Bridge House (chambres doubles à partir de £98) des amis y ont passé un weekend et ont apprécié l’atmosphère sympa et le personnel bienveillant. La brasserie et le restaurant offrent des repas simples et bien anglais. Si vous êtes plutôt du genre papiers peints à gros motifs et baignoires sur pied, l’Hôtel Bull (double avec douche à partir de £70, avec bain £120) vous ira comme un gant. Pour une expérience du vrai Dorset plus campagne, les chambres d’hôte chez Pauline à Highway Farm ne manqueront pas de vous plaire. Pauline connait la région dans tous ses recoins, l’adore et sait faire passer sa passion. Elle organise également des cours d’artisanat d’art à prix très raisonnables, un excellent moyen de rencontrer des gens et parler anglais dans une atmosphère sympa. La ferme a également un cottage pour 4 personnes (à partir de £350 par semaine).

Et quoi d’autre autour de Bridport?

Les randonneurs adorent la région. Le GR South West Coastal Path qui longe la côte leur est bien connu pour ses grimpées et descentes le long des falaises et des plages. Panoramas superbes, notamment au cap doré (Golden Cap) qui tient son nom de son ‘chapeau’ couleur rouge or et qui est le point culminant de la côte du Dorset; excellent point de vue vers la presqu’île de Portland et l’immense plage de sable de Chesil. A l’intérieur des terres, les vues imprenables du bocage anglais et de la Manche ne manquent pas avec entre autres les collines de Lewisdon et Pilsdon Pen.

Si on se veut un peu éco-guerrier et laisser sa voiture, on peut prendre un bateau de West Bay pour admirer les falaises vieilles de 180 millions d’années, particulièrement belles au coucher du soleil. On peut également prendre le car, une expérience pas si traumatisante que ça, même pour ceux qui n’aiment pas les transports en commun. On trouve toujours à s’assoir et on peut admirer la vue au lieu de regarder la route…

Pour les artistes en herbe, pourquoi ne pas sculpter un totem ou plus simplement un bol avec Guy Mallinson? N’oubliez pas d’apporter vos bottes en caoutchouc car la pluie ne l’arrêtera pas. Les cours de Guy sont très en vogue et vont le devenir encore plus car la BBC a fait un programme basé sur l’expérience de passer une semaine dans la forêt. Le retour aux sources est très prisé et Monkton Wyld Court offre d’autres expériences dans la même veine. Le ‘bushcraft’ est à la mode même s’il est difficile a traduire (artisanat de la vie en plein air?). Une bonne façon d’améliorer son anglais tout en acquérant des connaissances dans une atmosphère sympa et constructive, good idea non?

http://www.bridgehousebridport.co.uk/

http://www.highwayfarm.co.uk/

http://www.thebullhotel.co.uk/

http://thefishrestaurant-westbay.co.uk/index.htm

http://tajmahalbridport.com/

http://www.mallinson.co.uk/